Jean Damascène





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Jean Damascène


John-of-Damascus 01.jpg

St Jean Damascène, icône grecque moderne


















Biographie
Naissance

676Voir et modifier les données sur Wikidata
DamasVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès

4 décembre 749Voir et modifier les données sur Wikidata
Monastère Mar SabaVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Théologien, écrivain, clercVoir et modifier les données sur Wikidata

















Autres informations
Domaine

PhilosophieVoir et modifier les données sur Wikidata
Religion

Église catholiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Étape de canonisation

Saint, prépodobnyVoir et modifier les données sur Wikidata







Titre honorifique
Docteur de l'Église







Œuvres principales

La Mère de Dieu aux trois mainsVoir et modifier les données sur Wikidata





St Jean Damascène, icône grecque


Jean Damascène (ou aussi Jean Mansour ou Jean de Damas), de son véritable nom en arabe Mansour ibn Sarjoun (منصور بن سرجون التغلبي), né vers 676 et mort le 4 décembre 749, est un théologien chrétien d'origine syriaque mais de langue grecque, Père de l'Église et considéré comme saint par les églises orthodoxes et catholiques.




Sommaire






  • 1 Biographie


    • 1.1 Sources


    • 1.2 Famille


    • 1.3 Son nom


    • 1.4 Éducation


    • 1.5 La défense des icônes


    • 1.6 Le moine


    • 1.7 Théologien et hymnographe


    • 1.8 Vénération




  • 2 Œuvres de Jean Damascène


  • 3 Documents en liens externes


  • 4 Éditions


  • 5 Notes et références


  • 6 Annexes


    • 6.1 Articles connexes







Biographie |



Sources |




St Jean Damascène, icône russe du mont Athos


La biographie la plus couramment utilisée comme source d'informations sur sa vie est une œuvre attribuée traditionnellement à Jean, patriarche de Jérusalem. C'est la traduction en grec d'un texte arabe antérieur. L'original en arabe contient un prologue introuvable dans la plupart des traductions, qui a été écrit par un moine arabe nommé Michel qui indique sa décision d'écrire une biographie de Jean Damascène en 1084, notant qu'aucune n'était disponible en grec ou arabe à cette époque. Le texte qui suit dans la version d'origine arabe semble avoir été écrit par l'auteur d'une autre biographie, encore plus tôt, entre le IXe siècle et la fin du Xe siècle. Écrit d'un point de vue hagiographique, il n'est pas la meilleure des sources historiques, mais fut largement reproduit et considéré comme un travail de valeur.



Famille |




St Jean Damascène, icône arabe moderne


Jean Damascène est né dans une famille chrétienne syriaque éminente de Damas au VIIe siècle.


Son grand-père, Mansour, était chargé de la collecte des impôts de la région par l'empereur Héraclius. À la prise de la ville par les troupes arabo-musulmanes en 635, il resta en poste dans la nouvelle administration, comme nombre de fonctionnaires chrétiens.


Le père de Jean, Serge (ou, en arabe, Sarjoun ibn Mansour) servit lui aussi les califes musulmans°: il percevait des taxes dans l'ensemble du Moyen-Orient. Il obtint du calife omeyyades qu'ils épargnent à Damas la basilique Saint-Jean-Baptiste ; toutefois, le bâtiment fut transformée en mosquée 70 ans après la conquête musulmane.


Sarjoun eut deux fils, dont celui qui devait être connu comme "Jean Damascène"[1], qui reçut à la naissance le nom de Mansour, en hommage à son grand père.


Après la mort de son père, Jean a également servi un haut officier à la Cour du califat omeyyade avant de devenir moine à Jérusalem.



Son nom |


De son véritable nom en arabe Mansour ibn Sarjoun (منصور بن سرجون التغلبي), que l'on peut traduire « Victor fils de Serge », il deviendra Yuḥannā Al Dimashqi (يوحنا الدمشقي), ce qui donnera en grec Iôannês Damaskênos (Ιωάννης Δαμασκήνος) et en latin Iohannes Damascenus.


Il a aussi été nommé Mansour ibn Sarjoun Al-Taghlibi (arabe : منصور بن سرجون التغلبي) à cause de son activité auprès du Calife.


Enfin, il reçut, à cause de son éloquence, le surnom de Chrysorrhoas (Χρυσορρόας), « qui roule de l'or dans ses flots ».



Éducation |


Jusqu'à l'âge de 12 ans, Jean a apparemment reçu une éducation traditionnelle. Son père voulait qu'il apprît, « non seulement les ouvrages musulmans, mais aussi ceux des Grecs »[réf. souhaitée]. Jean a grandi dans un univers bilingue et biculturel, à une période de transition entre l'Antiquité tardive et l'Islam.


D'autres sources décrivent son éducation à Damas comme ayant été effectuées dans un contexte traditionnel grec moyen, appelé « laïque » par une source et « Classique chrétienne » par une autre. Un seul identifie son tuteur, un moine du nom de Cosmas, qui avait été capturé par les Arabes lors d'une razzia sur les côtes de Sicile, et pour lesquels le père de Jean a payé une somme élevée. Dans le cadre de l'instruction de Cosmas, qui a également enseigné un ami orphelin de Jean (le futur saint Cosmas de Maïouma), Jean fit de grands progrès en musique, en astronomie et théologie, bientôt et rivalisait avec Pythagore en arithmétique et Euclide en géométrie.



La défense des icônes |


Au début du VIIIe siècle, apparut l'iconoclasme, un mouvement visant à interdire la prière devant les icônes, à la cour byzantine. En 726, malgré les protestations de Germain Ier, patriarche de Constantinople, l'empereur Léon III a publié son premier édit contre la vénération d'images et leur exposition dans les lieux publics. Écrivain talentueux de l'environnement de la cour du calife, Jean de Damas prit la défense des icônes en trois publications séparées : Traités contre ceux qui décrient les saintes images, ce qui lui procura une grande réputation. Utilisant un style littéraire simple, il introduisit la controverse dans le petit peuple et les gens simples, incitant à la révolte ceux qui étaient de confession chrétienne. Plus tard, ses écrits jouèrent un rôle important au cours du deuxième concile de Nicée, qui s'est réuni pour régler le différend des icônes.




Icône Tricherousa.


Pour contrer son influence, Léon III aurait fait produire des documents falsifiés impliquant Jean Damascène dans un projet d'attaque de Damas. Appelé à rendre compte de ces écrits par le calife, Jean ne put le convaincre et a été condamné à avoir la main droite tranchée, et à quitter le califat. À la suite de sa prière insistante auprès de la Vierge Marie, devant une icône de celle-ci, il eut la main recollée, et se présenta devant le Calife avec ses deux mains. Celui-ci vivement impressionné comprit alors qu'il était innocent et voulut le réintégrer dans son poste, mais Jean refusa, et choisit de devenir moine[réf. nécessaire].
Il fit faire une forme de main en argent et la fit accrocher à l'icône devant laquelle il avait prié, en signe de reconnaissance. De là est né le type d'icône de La Mère de Dieu aux trois mains (ou Tricherousa). Cet épisode de la main tranchée et recollée, classé par certains au rang de légende, montre à quel point Jean était personnellement impliqué dans la défense des icônes, à un niveau que l'on peut qualifier de « foi » profonde et absolue.


À cause de son engagement pour les icônes, il fut frappé d'anathème à titre posthume par le concile iconoclaste de Hiéreia, en 754. Sa mémoire a toutefois été relevée par le Septième concile œcuménique en 787.



Le moine |


À la suite de l'épisode de la main tranchée, il renonce à ses charges et devient moine à la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem. Là, il a étudié, écrit et prêché.


Il y est ordonné prêtre, en 735.



Théologien et hymnographe |


Quoiqu'il s'exprimât sans doute couramment en arabe ou en syriaque, il a rédigé tous ses traités en grec. Auteur prolifique, on a sous son nom de nombreux textes, dont certains ne sont pas de sa main.
Outre ses canons liturgiques, qui sont toujours chantés dans l'Eglise orthodoxe et qui font de lui l'un des principaux hymnographes byzantins, il a écrit une somme théologique connu sous le titre de De fide orthodoxa, mais aussi des écrits concernant l'islam[2] ou encore des homélies sur la Vierge Marie.


Dans une homélie célèbre sur l'Annonciation, il salue la Vierge comme étant la Mère de la vertu théologale d'espérance, Notre-Dame de la Sainte-Espérance (spes en latin) qu'il appelle « Espérance des désespérés », ce qui fut repris par les catholiques dans l'invocation et la prière, Marie « Notre-Dame du Sacré-Cœur, espérance des désespérés » ce qui fut parfois attribué à saint Éphrem. Il développa une théologie mariale[3]. Il écrivit trois homélies sur la Dormition.


Le roman hagiographique sur Barlaam et Josaphat, traditionnellement attribué à Jean, est en fait une œuvre du Xe siècle.




St Jean Damascène, icône grecque


Il avait une vénération particulière pour la mémoire de deux grandes saintes martyres : Thècle d'Iconium, dont le tombeau est honoré à Maaloula, près de Damas ; et Barbara d'Héliopolis, honorée non loin de là à Baalbek.


Mort le jour de la Sainte-Barbara, le 4 décembre 749, il est enterré depuis dans la cathédrale de Damas, devenue par la suite mosquée[4].



Vénération |


Il est fêté le 4 décembre dans l'Eglise orthodoxe.


L'iconographie byzantine le représente avec un turban pour signifier ses origines arabes.


Dans l'Église catholique, où son nom fut inséré en 1890, il a été initialement affecté au 27 mars. Comme cette date relève toujours du Carême, une période pendant laquelle il n'existe pas de mémorial obligatoire, sa fête fut déplacée en 1969 au jour de la mort du saint, le 4 décembre. Il a été déclaré docteur de l'Église catholique par le pape Léon XIII en 1890.



Œuvres de Jean Damascène |




Ioannis Damasceni Opera, 1603



  • La Fontaine de la connaissance ou Fontaine de la sagesse ou encore La source de la connaissance écrit en 743, est divisé en trois parties :

    1. « Chapitres philosophiques » (Kephalaia philosophika) – couramment appelé Dialectique, traite principalement de logique, son principal objectif est de préparer le lecteur pour une meilleure compréhension du reste de l'ouvrage.

    2. « Des hérésies » (haireseon péri, De Haeresibus)) – le dernier chapitre de cette partie (chapitre 101) traite de l'hérésie des Ismaélites. Différent des précédents chapitres sur les autres hérésies qui font habituellement seulement quelques lignes, ce chapitre occupe quelques pages dans son travail. Il est l'un des premiers écrits chrétiens sur l'Islam et le premier écrit par un melchite (chalcédonien).

    3. « Une Exposition exacte de la foi orthodoxe » (Ekdosis akribes tes orthodoxou pisteos, connue en occident sous le nom "De fide orthodoxa") – une synthèse des écrits dogmatiques des Pères de l'Église qui l'ont précédé (en particulier Athanase d'Alexandrie, Grégoire le théologien, Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Épiphane de Salamine, Cyrille d'Alexandrie, Léon le Grand, Léonce de Byzance, Denys l'aréopagite et Maxime le Confesseur), la troisième section du livre est connu pour être le plus important travail de Jean de Damas.



  • Trois Traités contre ceux qui décrient les Saintes Images (aussi nommés Défense des icônes) – ces traités ont été parmi ses premiers exposés en réponse à l'Édit de l'empereur byzantin Léon III, interdisant la vénération ou l'exposition des Saintes Images.

  • Contre les Jacobites

  • Contre les Nestoriens

  • Dialogue contre les Manichéens

  • Introduction élémentaire

  • Lettre sur l'hymne Trois fois saint

  • Sur la droite réflexion

  • Sur la foi, contre les Nestoriens


  • Sur les deux Testaments dans le Christ (contre les Monothélites)


  • Parallèles sacrés (attribution douteuse)


  • Octoèque («Octoéchos», service de l'Église des huit tons)

  • Canons hymnographiques pour diverses fêtes de l'Église.

  • Sur les esprits



Documents en liens externes |


Ecrits de Jean Damascène




  • Le canon des Matines de Pâques de St Jean Damascène


  • Quelques œuvres rassemblées : Exposé de la Foi orthodoxe ; Troisième discours pour la défense des icônes ; Le Canon pour la nuit de Pâques ; Homélie pour la Nativité de la Mère de Dieu ; Trois homélies sur la Dormition de la Mère de Dieu ; Fragment du "De haeresibus" sur scribd


  • Lettre à Cometas sur le Carême.

  • L'Exposé de la foi orthodoxe (De fide orthodoxa), suivi du 3e Discours pour la défense des icônes, en traduction française


  • (el) Les œuvres complètes de St Jean Damascène dans la Patrologie grecque de Migne Tome 1 (PG 94 , Tome 2 (PG 95) , Tome 3 (PG 96) ; ou sur la DCO


  • (el) Les canons hymnographiques de St Jean Damascènedans l'Anthologia Graeca Carminum Christianorum - W. Christ, M. Paranikas, 1871.


  • (ar) Manuscrit arabe contenant la traduction de trois traités : Sur la foi orthodoxe, Dialectiques et Contre les hérétiques


Présentation de Jean Damascène




  • Jean Damascène : l'homme et son œuvre dogmatique par Vassa Kontouma.


  • La théologie de l’image selon Jean Damascène par Vassa Kontouma


  • À l’origine de la dogmatique systématique byzantine : l’Édition précise de la foi orthodoxe de saint Jean Damascène par Vassa Kontouma


  • La vie de saint Jean Damascène par Martin JUGIE In: Échos d'Orient, tome 23, N°134, 1924. pp. 137-161.


  • St Jean Damascène et son influence en Orient sous les premiers Khalifes par Félix NEVE, 1861

  • Saint Jean Damascène sur Nominis

  • Catéchèse de Benoît XVI du 6 mai 2009


  • Alban Butler Vies de Saints.


  • (en) Catholic Encyclopedia



Éditions |




St Jean Damascène, icone arabe


Œuvres




  • CPG 8040-8127.

  • Dans la collection « Sources chrétiennes » sont publiés :


    • Homélies sur la Nativité et la Dormition de la Bienheureuse Vierge Marie : SC 80


    • Écrits sur l'islam ("Dialogue entre un chrétien et un musulman" + "Sur les Hérésies, chap 100") : SC 383


    • La foi orthodoxe : chap 1-44 : SC 535 ; chap 45-100 : SC 540



  • Dans la collection « Pères dans la foi » aux Éditions Migne, est publié :

    • Le discours sur les images : Le visage de l'invisible.



Études




  • Simon-Claude Mimouni, Dormition et Assomption de Marie. Histoire et Traditions anciennes, Beauchesne, coll. « Collection Théologie historique », 1995, 716 p. (ISBN 9782701013206).

  • René R. Khawam, L'univers culturel des chrétiens d'Orient, Cerf, 1987.

  • J. Nasrallah, Saint Jean de Damas, son époque, sa vie, son œuvre, Off. des éd. univ., Paris, 1950.

  • K. Rozemond, La Christologie de saint Jean Damascène, Buch-Kunstverlag, Ettal (Holl.), 1959.

  • B. Studer, « Saint Jean Damascène », Dictionnaire de spiritualité, fasc. LII, LIII, Beauchesne, Paris, 1972.

  • Alain Ducellier, Chrétiens d'Orient et Islam au Moyen Âge, Armand Colin. 1997.


En anglais:




  • (en) Peter Robert Lamont Brown, The rise of Western Christendom: triumph and diversity, A.D. 200-1000, Malden, Wiley-Blackwell, 2003, 2e éd., poche (ISBN 978-0-631-22138-8 et 0631221387, lire en ligne).


  • (en) Jameson, Legends of the Madonna, BiblioBazaar, LLC, 2008(ISBN 978-0-554-33413-4 et 0554334135, lire en ligne).


  • (en) Andrew Louth, St. John Damascene: tradition and originality in Byzantine theology, New York, Oxford University Press, 2002, poche (ISBN 978-0-19-925238-1 et 0199252386, LCCN 2002020025, lire en ligne).


  • (en) Peter McEnhill et G. M. Newlands, Fifty key Christian thinkers, Londres, Routledge, 2004(ISBN 978-0-415-17049-9 et 0415170494, LCCN 2004000796, lire en ligne).


  • (en) Daniel J. Sahas, John of Damascus on Islam : The "Heresy of Ishmaelites", BRILL, 1972(ISBN 978-90-04-03495-2 et 9004034951, lire en ligne).


  • (en) David Vila et Richard Valantasis (éditeur), Religions of late antiquity in practice, Princeton University Press, 2000(ISBN 0691057516 et 9780691057514, lire en ligne).


  • (en) The Works of St. John Damascene, Martis Publishing House, Moscow, 1997.



  • Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque universitaire de Pologne • Bibliothèque nationale de Catalogne • Bibliothèque nationale de Suède • Bibliothèque nationale d’Australie • WorldCat


Notes et références |





  1. Jean est son nom de moine


  2. La « religion des Ismaélites », qu'il classa parmi les hérésies Le chapitre 100/101 du De Haeresibus de Saint Jean Damascène


  3. Textes et références bibliographiques sur sa théologie mariale et Dormition et assomption de Marie: histoire des traditions anciennes page 163 , Simon Claude Mimouni


  4. L'entrée de la mosquée est payante pour les touristes, mais gratuite pour les fidèles venant honorer le saint.




Annexes |


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Articles connexes |



  • Liste des saints de l'Église orthodoxe

  • Littérature byzantine




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